Les croisières côtières valent mieux que les grandes traversées

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La croisière côtière m’a rendue plus calme que la grande traversée, le matin où j’ai ouvert les yeux sur un hublot salé. La veille, au dîner, les verres tintaient et la chaise bougeait sous moi, alors que je me croyais encore tranquille. Au réveil suivant, Cordouan apparaissait déjà et la côte gardait sa ligne, nette, presque rassurante. Je peux te dire pour qui ce format fonctionne, et pour qui il devient un piège.

Ce qui m’a fait choisir la croisière côtière plutôt que la grande traversée

Avec mes deux enfants adultes, j’ai fini par chercher un rythme qui me laisse une journée nette, pas trois demi-journées usées par les transferts et l’attente. Mon budget reste moyen, et je n’ai pas envie de le brûler pour une cabine qui me laisse lessivée le lendemain matin. J’ai appris que la durée réelle compte plus que la photo du pont au soleil, prise au bon moment. À 54 ans, je préfère marcher à quai, m’arrêter dans un café, et rentrer avec de l’appétit plutôt que de récupérer d’une mer qui m’a malmenée.

Je suis partie un moment sur l’idée d’une grande traversée, attirée par le départ franc et la sensation de couper le monde pendant plusieurs jours. J’ai regardé aussi les croisières fluviales, plus lentes, et même un séjour à terre, face aux vagues, sans navigation ni horaire de bord. Puis j’ai pesé ce qui m’intéresse vraiment : des escales qui cassent la monotonie, sans finir chaque journée au ralenti ni trop loin du rivage. Entre les trois, la croisière côtière m’a paru la plus souple quand mes deux enfants adultes m’accompagnent.

J’ai été convaincue quand j’ai vu qu’une semaine pouvait se découper en 6 escales et des tronçons de 3 heures, sans alourdir le reste. Je me suis retrouvée avec un rythme plus doux, assez vivant pour voir des ports, assez calme pour lire sur le pont et lever les yeux. Les côtes qui reviennent, le phare au loin, la passe qui s’ouvre, tout cela me donne une respiration que la longue mer ne m’apporte pas. Je ne cherchais pas le spectaculaire, je cherchais une journée qui ne m’écrase pas, ni au réveil ni au dîner.

Le jour où j’ai compris que la grande traversée n’était pas pour moi

Je suis partie un soir d’octobre sur une grande traversée, cabine à l’avant, et j’ai compris mon erreur avant de me coucher. Au dîner, mon verre a fait un petit cercle sur la table, la chaise a bougé sous moi, et les couverts ont tinté à chaque coup de vent. Dans le couloir, une porte de cabine grinçait, puis claquait, comme si la coque répondait à chaque vague et à chaque retour de roulis. Le roulis était long, le lit semblait suivre le navire au lieu de le porter, et je guettais déjà la prochaine secousse pour dormir.

J’avais pris un patch et quelques comprimés, parce que je n’aime pas improviser quand la mer se cabre et que la cabine tangue. J’ai tenu le premier repas, puis la fatigue est montée avec un mal de tête net et cette impression de marcher de travers, même assise. Le bruit sourd de la coque dans une mer longue et monotone, c’est ce qui m’a fait comprendre que ce format n’était pas fait pour moi. Quand le mal de mer ne passe pas, je laisse la partie médicale à un pharmacien ou à un médecin, et je ne fais pas semblant.

Ce qui m’a pesé, au fond, ce n’est pas seulement le mouvement, c’est l’absence de repères et la lente disparition des heures. Pas de côte, pas de phare, pas de lumière de port, juste une nuit noire et le bruit du navire qui monte sous mes fenêtres. Je me suis retrouvée à écouter le moindre glissement, à ouvrir le rideau pour ne rien voir que la mer et le vide. J’ai été frappée par cette solitude-là, plus sèche que romantique, et je me suis demandé pourquoi je me l’imposais.

Comment la croisière côtière a changé mon expérience du voyage en mer

Sur la croisière côtière, le roulis ne m’a pas fait le même effet, parce que la coque prend la mer de travers et garde un mouvement court. Le centre du navire bouge moins que l’avant, et, quand je me suis installée plus bas, la différence a été nette dès la première nuit. J’ai dormi sans tenir le matelas avec les épaules, et la porte de cabine ne claquait plus au milieu de la nuit, ce qui change tout. Je me suis dit très vite que la stabilité n’était pas un luxe, mais la base d’un voyage que je peux vraiment suivre.

Le vrai soulagement vient du rythme, pas d’une impression vague de douceur qui s’évapore dès le premier départ. Une navigation de 3 heures, puis une escale, puis le retour à bord le soir, c’est autre chose qu’un horizon sans fin et sans pause. Je garde assez d’énergie pour marcher sur le quai, prendre un café, visiter une ruelle, et revenir avec l’envie de dîner. Avec 6 escales sur la semaine, je n’ai pas eu cette sensation de journée diluée qui use tout le monde à petites gorgées.

Le matin, la côte remet de l’ordre dans ma tête, et je le sens dès que j’ouvre le rideau. Je regarde Cordouan, une passe, un chenal, et je comprends mieux pourquoi je supporte mieux cette navigation-là que le large sans repère. Je sais que le premier relief vu au réveil compte presque autant que le confort de la cabine. Je me suis sentie moins enfermée, même quand la mer était grise, parce que le rivage restait quelque part dans le champ.

Au moment de l’appareillage, l’odeur d’embruns mêlée au souffle du port me plaît toujours, parce qu’elle annonce un départ lisible. Le détail technique qui change tout, c’est la différence entre le roulis court d’une mer de travers et le tangage d’une grande traversée. Dans la cabine, le lit suit à peine le mouvement au centre, puis les chocs deviennent plus francs à l’avant, avec des hublots salés au matin. Sentir la coque vibrer sous les pieds à chaque changement de cap, mais avec la côte en vue, c’est un tout autre sentiment que la solitude oppressante d’une grande traversée.

Mon verdict : pour qui oui, pour qui non

POUR QUI OUI Je la vois bien pour un couple qui voyage une semaine, ou pour une famille avec deux enfants adultes, quand le rythme compte autant que le décor. Je la trouve adaptée à une personne qui accepte 4 ou 6 escales, 3 heures de mer par séquence, et une cabine centrale sans chercher le luxe de façade. Je la vois aussi pour un petit groupe qui veut marcher le matin, déjeuner à bord, puis revenir au port sans avoir la tête lourde. Je la choisis quand je veux rentrer le soir avec encore de l’énergie, et garder la tête claire pour la visite du lendemain.

POUR QUI NON Je la laisse de côté pour une personne qui veut 5 jours de mer continue, le sentiment du large pur et zéro retour visuel vers la côte. Je la déconseille aussi à la personne qui choisit la cabine tout à l’avant pour économiser, puis s’étonne que la première nuit secoue fort. Enfin, si le simple départ du quai crispe les épaules, la croisière fluviale ou le séjour à terre me paraît plus simple. La promesse de proximité avec le littoral rassure, mais elle peut décevoir si j’attends la mer collée au hublot.

Mon verdict : la croisière côtière gagne pour moi quand je cherche Cordouan, des escales rapprochées et une fatigue contenue. Je la choisis pour quelqu’un qui accepte de changer de cabine, de privilégier le milieu du navire et de voir la mer par séquences plutôt que comme un bloc. Pour quelqu’un qui veut l’isolement pur et la longue bascule du large, je garde la grande traversée. Je suis rentrée à Bordeaux plus légère avec ce format, et c’est le seul critère qui compte encore pour moi. Pour les horaires exacts, les escales et l’embarquement, je renvoie aux compagnies et aux autorités portuaires.

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