Sur le pont supérieur du MSC Grandiosa de MSC Cruises, ma table blanche avait déjà des traces noires au milieu du café. Le vent faisait trembler la tasse, et la vue sur les remorqueurs donnait presque envie de rester. J’ai été frappée par ce contraste, parce que je pensais n’avoir affaire qu’au bruit et au soleil. Basée à Bordeaux, j’ai vite compris que le vrai problème était ailleurs. Je vais te dire plus simplement à qui ce pont convient, et à qui je dois l’éviter.
Le jour où j’ai compris que ça ne marchait pas du tout là-haut
Je suis partie avec une idée simple : dehors, je voulais du calme, une rambarde dégagée et du ciel. Je voyage sans luxe tapageur, avec un budget moyen, et je m’attends à un confort lisible. Quand mes deux enfants adultes m’ont rejointe pour un départ, ils ont filé vers la vue, et moi j’ai observé les lieux comme une terrasse exposée.
Le premier accroc a été le vent. Il m’a décoiffée en deux minutes, a fait voler une serviette, puis a rendu la lecture impossible. J’ai dû redescendre au bout de 10 minutes, avec cette sensation agaçante de n’avoir rien maîtrisé du tout. Le raclement sec des transats, dès l’aube, m’a aussi réveillée une nuit où ma cabine se trouvait sous le pont piscine.
Le matin suivant, j’ai ouvert la porte du balcon et j’ai entendu le choc des chaises au-dessus. Là, je me suis retrouvée face à la petite poussière noire sur la table et les coussins. J’ai été convaincue que le pont supérieur ne m’apportait pas seulement de l’air, mais aussi une gêne invisible. L’odeur de diesel près de la cheminée a fini de me faire changer d’avis.
Le détail technique est simple. Quand la cheminée se trouve dans l’axe du vent, la suie se dépose, puis la ventilation la renvoie sur les surfaces claires. J’ai fini par repérer les signes avant même de m’asseoir : souffle de ventilation, table qui noircit, coussin qui garde des points gris.
Ce qui fait que ça coince vraiment sur le pont supérieur, même quand on s’y attend pas
Le vent reste le premier casse-pieds. Il donne une impression de fraîcheur trompeuse, puis coupe l’envie de lire, de boire tranquille ou de laisser un livre ouvert. Une matinée, je me suis sentie prête à profiter du soleil, puis j’ai rangé mes affaires au bout de 12 minutes et je suis rentrée à l’intérieur.
Le roulis compte aussi plus haut. J’étais sûre de moi au départ, mais la coque a pris de la gîte et j’ai vu les verres vibrer dans le bar extérieur. Les passagers près de la rambarde se tenaient plus raides, et moi aussi, avec cette vigilance dans les jambes qui dit que le corps n’aime plus trop l’endroit.
Le bruit, lui, casse la nuit. Après 2 nuits sous le pont piscine, j’ai connu le lavage au jet, les chaises tirées et les pas qui résonnent dès 6 heures. Le sommeil n’a plus rien de réparateur quand le pont au-dessus s’éveille avant toi. Pour cette fatigue qui dure, je préfère changer d’emplacement.
La pollution invisible achève le tableau. Près d’une cheminée ou d’une sortie de ventilation, le souffle change selon l’orientation du bateau, et l’odeur d’échappement revient par bouffées. J’ai vu la fine poussière noire marquer une rambarde claire en une seule matinée. À ce moment-là, la vue devient moins nette, même quand la mer est calme.
Ce que j’aurais dû vérifier avant de réserver et les erreurs que j’ai faites
Mon erreur principale a été de sous-estimer l’emplacement exact de la cabine. J’ai cru qu’être juste sous le pont piscine serait pratique, alors que j’ai passé la première nuit à entendre les pas, les chaises tirées et les courses du matin. J’ai appris à lire le plan du navire avec plus de méfiance qu’avant.
J’ai aussi mal jugé la météo en mer. Je me suis dit que le soleil suffirait, puis je me suis retrouvée transie, les bras nus, avec la sensation nette de m’être trompée de tenue. Au bout de 7 minutes dehors, j’ai regretté de ne pas avoir pris une veste coupe-vent, et je suis rentrée sans traîner.
La casquette posée sans pince a fini au sol après une rafale. Ma serviette a suivi une autre fois, partie contre la rambarde comme une feuille. Ce détail paraît minuscule, mais il change tout quand on veut juste rester assise sans surveiller chaque objet.
Pour une famille qui cherche du calme ou pour quelqu’un qui dort léger, le pont supérieur devient vite pénible. Le manque de repos plombe une journée entière. Dans ce cas-là, je préfère un pont plus bas et plus central, et je laisse le reste hors de mon champ.
À qui je le recommande, à qui je le déconseille
POUR QUI OUI : pour quelqu’un qui veut des photos au lever du jour, des départs de port visibles et les manœuvres au plus près, le pont supérieur garde un vrai charme. Je le garde aussi pour une pause courte quand la mer est calme, pas pour y traîner. Un couple sans enfant, un voyageur qui monte pour 10 minutes, ou une personne qui aime regarder l’estuaire au moment où les quais s’éloignent, y trouvera son compte.
POUR QUI NON : pour une famille avec enfants en bas âge, pour un dormeur léger, ou pour quelqu’un qui veut lire 30 minutes sans garder un œil sur ses affaires, je dis non. La cabine sous le pont piscine me paraît mauvaise dès que le bruit au-dessus compte dans la journée. Si tu cherches un vrai coin tranquille, ce niveau-là me semble le plus mauvais choix.
- Le pont piscine, si tu veux rester près de l’eau mais limiter les fumées.
- Les salons panoramiques intérieurs, si tu veux la vue sans le vent ni la suie.
- Les ponts intermédiaires avec zones ombragées, si tu veux un compromis plus respirable.
« J’ai vu des parents abandonner le pont supérieur à la première odeur de diesel, préférant s’installer dans leurs cabines pour éviter que leurs enfants ne respirent cette fine poussière noire invisible mais bien réelle. » Cette phrase, je pourrais la signer telle quelle après plusieurs traversées. Elle dit bien ce que les brochures taisent.
Mon verdict : pour qui oui, pour qui non
POUR QUI OUI : pour un photographe du soir, un couple qui accepte de rester 10 minutes dehors, ou un voyageur qui veut voir les remorqueurs entrer au port, le pont supérieur vaut un détour rapide. Je le garde pour le départ, l’arrivée, et une courte pause quand le ciel est lisse. À bord du MSC Grandiosa, c’est là que la vue m’a paru la plus forte, mais jamais la plus confortable.
POUR QUI NON : pour une famille qui cherche le calme après 21 heures, pour quelqu’un qui dort mal au moindre grincement, ou pour un passager qui ne supporte pas le vent sur la peau, je déconseille franchement. La combinaison cabine sous le pont piscine, chaises tirées et odeur proche de la cheminée m’a trop gâché le séjour. Après 3 nuits comme ça, je ne remonte plus pour rester.
Mon verdict : je choisis les ponts plus bas et je ne remonte là-haut que pour quelques minutes, jamais pour m’y installer. Pour quelqu’un qui accepte le vent, le raclement des transats à 6 heures et une table pas toujours nette, cela reste supportable. Pour quelqu’un qui cherche du repos, une lecture calme et un air vraiment propre autour de soi, c’est non, et je préfère redescendre dès que possible.



